La peur : Comment la vaincre ?
On raconte l’histoire d’une
petite fille qui, admirant le courage de son papa, lui posa des tas de
questions.
_ Papa, est-ce que tu as
peur des araignées ?
_ Non, répondit
l’homme sans hésiter.
_ Est-ce-que tu
as peur des grands chiens ?
_ Non plus.
_ Et des
serpents, as-tu peur ?
_ Pas du tout.
Les questions qui
suivirent mentionnèrent toute une variété d’animaux. Et a chaque fois le papa répondit
qu’il n’avait pas peur. Finalement, fière de son père, la petite
s’exclama :
_ Papa, tu n’as
pas peur de rien, seulement de maman, n’est-ce pas ?
Cette histoire
sympathique illustre très bien la réalité des peurs. Qu’il s’agisse de menaces extérieures
ou de préoccupations intérieures, de circonstances réelles et imaginaires,
aucun être humain n’échappe aux effets de cette émotion.
Comment définiriez-vous
la peur ?
Le dictionnaire Le
nouveau Petit Robert définit cette émotion comme « un phénomène
psychologique à caractère affectif marqué, qui accompagne la prise de
conscience d’un danger réel ou imaginé, d’une menace. »
Sur la base de
cette définition. Je suis sûr que vous avez déjà éprouvé ce sentiment de peur.
Il n’y a rien d’étrange ou de mal à cela. Cependant, nous devons apprendre à le
reconnaitre et l’affronter pour éviter qu’il n’ait raison de nous.
Et qu’est-ce qui
nous fait peur ?
Selon George W.
Truett, les trois grandes peurs de l’humanité sont en rapport avec la vie
(se retrouver au chômage, perdre l’amour du conjoint, craindre que le fils ou
la fille devienne un drogué, etc.), la mort (une maladie incurable, la
perte d’un être aimé, un accident fatal) et l’éternité (Que se
passe-t-il après la mort ? Reverrons-nous nos êtres chers qui sont morts ?)
Une fable
indienne relate l’histoire d’une souris qui avait constamment peur des chats.
Un jour, un
magicien eut pitié d’elle et la transforme en chat. Au début, le chat apprécia
sa nouvelle nature, mais il ne tarda pas à remarquer que des chiens trainaient
dans les parages. Sa vie de chat fut désormais hantée par la peur des chiens.
Le magicien eut de nouveau pitié du chat, et le transforme en tigre. Au début
le tigre fut très heureux de bénéficier du statut du roi de la forêt, mais il aperçut
bientôt un chasseur. Sa vie de tigre fut hantée désormais par la peur du
chasseur. Déçu de constater que ses efforts pour améliorer la vie de la souris
restaient vains, le magicien déclara : « Je te transforme de nouveau
en souris, car tu as le cœur d’une souris, et je ne puis rien faire pour
toi. »
À celle de cette
souris ressemble notre vie. Elle est remplie d’épreuves : nous souffrons
de voir un enfant se débattre avec des problèmes de drogues ; un cambrioleur
dérobe tous nos objets électroniques et saccage notre maison ; nous n’avons pas
de chance en bourse ou subissons les conséquences de mauvaises décisions
financières ; nous traversons des périodes de chômage. Nous craignons d’oublier
nos billets d’avion, d’être en retard, de manquer le rendez-vous. Nous
craignons qu’on crie sur nous ou devoir à crier sur quelqu’un. Nous craignons
l’avenir de nos enfants, notre patron. Nous craignons d’échouer. Nous craignons
même les conséquences de notre réussite. Nous sommes constamment confrontés à
des problèmes et à des obstacles, que nous soyons des souris, des chats ou des
tigres.
Cependant, nous
ne sommes pas déstabilisés par les soucis tant que nous dominons les
évènements. La peur surgit lorsqu’on se sent accablé et impuissant.
Dans un monde
plein d’incertitudes et de changements imprévisibles, où tout peut basculer, il
est si facile de se laisser gagner par la peur : peur de l’avenir, peur de
l’inconnu, peur de l’échec, peur de ne pas trouver sa place, etc.
Certains disent
que la peur est une émotion qui nous protège et nous aide à éviter le danger,
mais elle peut aussi nous paralyser ou être un frein à notre épanouissement.
Un peu de peur ne
fait pas de mal
Les psychologues
nous confirment que l’état d’alerte causée par la peur est nécessaire pour
vivre. Elle permet de surmonter les dangers réels et, de plus, elle nous aide à
nous protéger de l’angoisse.
La notion de
danger fait partie de notre vie et révèle notre niveau de socialisation. Dès
l’enfance, on commence à nous imposer un certain nombre de limites et, parfois,
les tabous sont un gage de notre sécurité. La peur de ce qui pourrait arriver
fonctionne alors en avertisseur et en système d’alarme avant que les dangers réels
et justifiés ne surviennent. La question se complique quand la peur est si
intense qu’elle nous empêche de vivre une vie normale. Elle devient alors une
phobie.
Pourtant,
la crainte peut être réduite voire éliminée, ce qui libère l’homme et lui
permet d’explorer et d’étendre son potentiel. Voici quelques moyens de mettre
fin à la crainte.
Ayez des
pensées de confiance et de courage. Nourrissez-vous
quotidiennement des pensées positives et imprégnez-vous de leur message. Cela
vous aidera à combattre vos craintes et à être plus confiants.
Identifiez
vos peurs. Trop de personnes cèdent à la tentation de
nier leurs peurs. Lorsque vous éprouvez un sentiment de peur, pensez à trois
choses : ne niez pas votre peur, n’adoptez pas la méthode de l’autruche et
n’agissez pas en imaginant que votre peur va disparaitre.
N’hésitez
pas à réclamer de l’aide. Quand votre peur surgit et
commence à paralyser votre vie, n’hésitez pas à réclamer de l’aide. N’agissez
pas si comme s’il était honteux d’avoir peur, comme si vous étiez les seules
personnes à vivre cela et que vous deviez dissimuler votre sentiment à tout
prix. Ne vous dites jamais : « C’est mon problème, et je vais le
régler tout seul. » Ne soyez pas
réticents à réclamer de l’aide. Si c’est nécessaire, consultez un spécialiste
comme un médecin, un counselor, un thérapeute, un assistant social ou un psychologue. Une peur exprimée est plus facile à
supporter.
Faites
preuve de souplesse. Le changement fait partie de
notre vie. Les repères qui rythment notre vie changent. Votre entreprise sera peut-être
rachetée et vous perdrez peut-être votre poste. Vous allez donc devoir trouver
des moyens pour subsister. Votre entreprise adoptera peut-être de nouvelles
technologies et vous devrez vous adapter. Plutôt que de résister au changement
et d’en avoir peur, soyez souples et prêts à vous adapter lorsque cela s’avère
nécessaire.
Agissez
comme si vous n’aviez pas peur. Ce conseil fut donné par
le président Theodore Roosevelt qui l’avait lui-même adopté. « J’avais
peur de toute sorte de choses, des cheveux récalcitrants, sans oublier les
professionnels de la gâchette. Mais le fait d’agir comme si je n’avais pas peur
me permit de perdre progressivement ce sentiment. »
Tirez
des leçons de toutes les situations effrayantes. Tous les
évènements qui génèrent de la peur et un sentiment d’insécurité sont aussi des
occasions d’apprendre, murir, d’avancer, et de remporter des victoires.
Efforcez-vous de saisir toutes ces occasions uniques.
Références :
TRUETTE,
George W. (1991). The Conquest of fear [Conquérir la peur], Kregel, Grand
Rapids, Michigan, 102 p.
SHEEN,
Fulton (1954). Life is Worth Living [la vie vaut la peine d’être vécue], Image
books, Garden City, New-York, 85 p.
Pierre
E. GEDEON,
Psychologue,
Certifié
en Développement des Compétences relationnelles et en psychothérapie.
©
Avril 2021

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