Quid Intelligence émotionnelle ?
En 1990, les psychologues Peter Salovey et John D. Mayer font paraître un grand article dans la revue Imagination, Cognition & Personality, intitulé « Emotional Intelligence » dont les premiers mots posent les termes du débat : « l’intelligence émotionnelle, est-ce une contradiction dans les termes ? ». Et de faire état de tout ce que les émotions inspirent de soupçons, voire de rejet, dans des mentalités collectives ayant hérité de tout une littérature philosophique hostile aux affects. Associées aux réactions viscérales, aux tentations sentimentales, aux agitations pathétiques, aux passions fiévreuses, aux excitations incontrôlables, voire au désordre mental, les émotions ont acquis au cours du temps une fâcheuse réputation de trouble à l’organisation de la pensée et de mauvais génie de la capacité à décider. L’émotif/l’émotive est disqualifié(e) dès lors que l’on décèle dans ses paroles ou ses actes la trace de quelque forme d’irrationalité ! Mais, disent Salovey et Mayer,...