Peur du mariage ?


Est-ce que je l’aime suffisamment, sommes-nous vraiment compatibles ? Ces questions, l’idée du mariage les fait invariablement surgir. Cependant, ce n’est qu’avec le temps que vous aurez la réponse. « Le mariage va-t-il nous changer ? ». Eh bien, c’est souvent le cas. Etre le mari, la femme de quelqu’un est un changement de statut. C’est aussi un changement d’image de soi qui induit une identification aux parents, crée une rupture symbolique définitive avec notre "moi" d’enfant. C’est une façon de devenir plus "adulte", au sens social du terme. Bref, c’est un vrai bouleversement.

 

La peur du mariage existe : c’est la gamétophobie ; elle se soigne. Il faut avouer que, dans aller jusqu’à cette peur panique, le mariage fait peur.

Une phobie est une profonde aversion pour une chose ou une peur maladive et illogique de certaines choses ou situations. Pour en guérir, il faut consulter un psychothérapeute.

Le mariage est un engagement décisif dans nos vies : tout change à partir du moment où est prononcé le « oui, je le veux ». Pourtant, certains voient ces changements et ces responsabilités comme trop importants.

Les couples se marient avec l’espoir que ce soit pour toujours, mais les statistiques sur le nombre de divorces accentuent la peur. La moitié des mariages se terminent en divorce. Dans certains pays, c’est pire. En 2008, en Colombie, plus de quinze mille divorces ont été prononcés. Les jeunes pensent qu’il vaut mieux vivre ensemble sans aucun engagement légal ou religieux.

Récemment, j’ai lu un article proposant des mariages à durée limitée avec la possibilité, si le mariage marche bien, de le faire prolonger par le juge ou un religieux pour quelques années de plus. Des mariages rechargeables en quelque sorte.

Il est remarqué une réticence qui s’amplifie face à « l’engagement pour la vie ».

 

Qu’est-ce-que la gamétophobie ?

La gaméthophobie se définit comme une peur incontrôlable et irrationnelle du mariage. Cette peur peut affecter le couple. On a pu observer que, traditionnellement, les hommes étaient plus sujets à la gamétophobie, notamment parce qu’une plus grande tolérance sociale leur laissait espérer des liaisons plus nombreuses. Pour autant, cela ne touche pas que les hommes, et il semble que de plus en plus de femmes ont peur de se trouver dans la posture traditionnelle qui soumet la femme mariée. Cela peut générer une peur du mariage, et les femmes vont boycotter leurs partenaires de manière inconsciente.

Les raisons de cette peur :

Certaines craintes des conséquences du mariage augmentent l’angoisse, particulièrement chez les jeunes. L’une des plus communes est la peur d’être dans l’incapacité de réaliser certaines expériences de vie en s’engluant dans un couple un peu « traditionnel ».

Certains ne désirent pas non plus s’unir à une personne car, même en lui étant fidèle, ils aiment séduire, cela leur permet de se sentir vivant.

Mais on s’accorde souvent à dire que, ce qui sous-tend le plus cette peur globale du mariage, c’est la peur de l’échec. Une peur qui peut trouver ses origines dans l’enfance ou dans la jeunesse, par exemple si la personne a été témoin de disputes fréquentes entre les parents. Une crainte qui va en augmentant si le couple parental se trouvait dans une situation d’inégalité, vécue par les enfants comme indigne et injuste. Les enfants ont alors peur de répéter ce schéma dans leur propre couple.

Dépasser la peur du mariage !

Il arrive parfois qu’une demande en mariage ne suscite pas autant d’enthousiasme qu’on l’aurait souhaité. Une réponse mitigée, hésitante voire négative peut cacher une peur de s’engager ou bien d’être enfermée.

« Quand je lui parle mariage, je sens bien qu’il se renfrogne », a souligné une jolie femme au cours d’un entretien. « Depuis que j’ai demandé sa main, un genou à terre, je sens qu’elle s’éloigne »,  s’inquiète un autre jeune homme.

 

Peur du mariage

Chaque demande est unique, il faut faire la différence entre celle motivée par une intention profonde de cheminer ensemble et celle mue davantage par la peur de perdre l’autre. La première peut réveiller la peur de s’engager chez le partenaire, la seconde renvoie illico à celle d’être enfermé, de perdre sa liberté conquise depuis le départ du foyer parental.

S’engager : une épreuve ?

La peur de s’engager est compréhensible mais difficilement avouable. Selon certains, les délices de l’attente et la question sans cesse renouvelée de se savoir aimé ou pas peuvent être stimulants. La réassurance affective qu’opère le mariage joue alors en défaveur du désir et suscitent bien des freins. D’autres ne s’avouent pas cette peur, même s’ils font mine de vouloir rapidement convoler en justes noces.

La plupart du temps, ces résistances cachent une estime de soi défaillante. C’est de la peur de ne pas être à la hauteur de nos espérances et de notre idéal en quelque sorte. La demande en mariage met face à la question : Est-ce que je serai suffisamment tendre, attentif, aimant… face à la contrainte du quotidien et de la durée ? 

Quand la demande est motivée par le désir de s’attacher l’autre, ou la peur de le perdre, celle-ci peut entraîner bien des résistances liées à l’enfermement. Exit la vision du joli voile blanc, de l’incroyable pièce montée, du prince charmant, et de la sublime princesse, seule persiste l’image de la corde au cou. Avec la sensation de se faire mettre le grappin dessus. C’est souvent le cas pour des couples fusionnels. « Faire peser le poids de son bonheur exclusivement sur les épaules de l’autre peut être oppressant, » remarque-t-on.

 

 

A l’approche de la date fatidique, beaucoup de futurs mariés connaissent doutes, angoisses et appréhension : rassurez-vous, la peur de l’engagement n’est un phénomène ni rare ni irrationnel. Bien au contraire, l’engagement comporte souvent des paradoxes : l’excitation du départ peut laisser place à la peur. La bonne nouvelle c’est qu’on ne manque pas de conseils pour vous aider à surmonter la peur avant mariage !

 

  • 1.        Remémorez-vous les bonnes raisons de votre mariage

Ai-je pris la bonne décision ? Est-il vraiment le meilleur ou la meilleure ? Si vous êtes normalement constitué (e), des questions de ce genre devraient vous traverser l’esprit plus d’une fois au cours des longs mois de préparation de votre mariage. Mais si vous avez décidé de vous marier, c’est sûrement pour une bonne raison ! Rappelez-vous les signes qui vous ont convaincu que vous êtes prêt à vous marier, ces petites choses qui vous donnent envie de vous marier, les raisons pour lesquelles vous voulez passer votre vie avec lui ou avec elle.

  • 2.        Acceptez les défis

Vous le savez mieux que quiconque, le mariage c’est pour le meilleur… Et pour le pire. Vous devrez prendre des engagements avec votre homme. Le mariage est une aventure à vivre à deux et les angoisses sont en vous, normales, vous n’avez pas à en avoir honte. Peut-être découvrirez-vous qu’il/ elle a les mêmes. En parler ensemble vous rassurera tous les deux et dédramatisera un peu les choses.

  • 3.        Appréciez l’ici et le maintenant

Et arrêtez de vous torturer l’esprit ! Normal que le concept du “pour toujours” vous angoisse, alors si vous cessiez d’y penser ? Concentrez-vous plutôt sur l’instant présent et sur les aspects positifs en gardant une chose à l’esprit : avec le mariage, votre relation, et chacun de vous évoluera. “Etre le mari, la femme de quelqu’un est un changement de statut. C’est aussi un changement d’image de soi qui induit une identification aux parents, crée une rupture symbolique définitive avec notre “moi” d’enfant. C’est une façon de devenir plus “adulte”, au sens social du terme.

  • 4.        Evitez les associations négatives

Notre histoire personnelle peut parfois resurgir violemment et nous plonger dans un profond désarroi : divorce de ses parents, ou relation passée qui s’est très mal terminée sont autant de facteurs qui nous influencent négativement. De plus, beaucoup d’entre nous sont tiraillés entre deux aspirations contradictoires : “le besoin de stabilité et l’envie de vivre des sensations fortes. En vous engageant, vous vous rendez compte que toutes les décisions devront être prises à deux ce qui entraînera forcément des compromis ou des contraintes : l’engagement est vu comme une frustration et cela vous fait peur.” Sortez de la spirale des pensées négatives !

  • 5.        Oubliez les deadlines

Une véritable pression sociale et sociétale s’exerce, en particulier sur les femmes, concernant le “timing” parfait d’une vie : l’âge idéal pour se marier, avoir des enfants… Faites fi des diktats de la société, et faites-vous confiance : à vous de connaître le bon moment pour vivre chacune de ces étapes décisives de votre vie.

  • 6.        Soyez réaliste

Parfois on attend trop du mariage et du conjoint. Avec les premières difficultés, surgissent la déception et le découragement. C’est là que la patience, l’engagement pris et l’amour jouent un rôle important.

Les trois causes principales de dispute sont l’infidélité, l’argent et les enfants : parler de cela avec son partenaire avant de s’engager est une bonne solution pour prévenir les futures discussions. Il est important de communiquer sur les points sensibles, ceux qui nous tiennent à cœur.

Il faut apprendre à analyser les sources de la peur, pour pouvoir y faire face, et si possible y remédier. Être conscient du problème, de ses causes, et comprendre qu’essayer de l’éviter n’empêche pas la peur de s’installer. Dans des cas comme celui-ci, la communication au sein du couple doit être sincère et directe, afin d’éviter que les émotions non-exprimées ne le submergent.

  • 7.        Une certaine compatibilité est nécessaire

Certains domaines exigent une affinité entre les époux. D’autres choses sont importantes : l’âge, le niveau d’études, la position sociale, la culture et les coutumes de chacun.


Si vous pensez souffrir de cette peur, n’hésitez pas à discuter avec des personnes mariées, qui sont elles-aussi passées par là. Pour vous rassurer, vous pouvez aussi programmer quelques rencontres avec un psychologue. Soyez attentifs à vos envies, à vos aspirations. Mettez en perspectives votre vision de la vie et celle de votre partenaire, et n’oubliez pas que nous avons tous nos forces et nos faiblesses, et que l’harmonie parfaite dans un couple n’existe pas.

Enfin, il est important de prendre confiance en soi. Il faut savoir que la peur est une émotion qui apparaît en situation de danger, de menace. Dans le cadre du mariage, nous ne comprenons pas pourquoi la peur peut venir de situations agréables et qui doivent apporter le bonheur. Cela cause alors une grande insatisfaction, voire une frustration, d’où la nécessité de l’affronter en reconnaissant ses propres capacités, mais aussi ses difficultés. Apprendre à se faire confiance permet de renforcer l’assurance lors de la prise de décisions importantes. Il est possible d’avoir l’aide d’un psychologue pour apprendre à développer l’estime et la confiance en soi.



Pierre E. GEDEON,

Psychologue,

Certifié en Développement des Compétences Relationnelles et en Psychothérapie.

© Janvier 2021



 


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