Mythes et réalités de l'orphelinat.

  Qui n'a jamais vu ou entendu parler de la situation des enfants orphelins?  
Qui n'a jamais été touché de la vulnérabilité de ces derniers?
On dit souvent que les enfants sont des êtres vulnérables. Certes, ils sont vulnérables mais il y a des conditions dans lesquelles évoluent certains enfants qui les rendent encore plus vulnérables. Des enfants sans famille, des enfants de rue, des enfants abandonnés, voilà des enfants doublement vulnérables.
Un jeune couple soupirait sans cesse à l'arrivée dans le foyer d’un enfant. La pensée est venue d’envisager l’adoption. La femme a reçu un appel téléphonique d’un médecin lui disant qu’il avait une option pour eux. Ils se réjouissaient et étaient terrifiés en même temps. C’était là certainement une réponse à leurs attentes, mais était-ce celle qu’ils attendaient ?
Rapidement, ils ont visité l’hôpital et vu le bébé. C’était un garçon merveilleux. Cependant, il a n’avait pas d’os radiaux dans les deux bras. Ils devaient prendre une décision. Alors qu’ils inclinaient la tête dans une prière fervente, ces futurs parents d’une vingtaine d’années, ont pris la décision de ramener ce bébé à la maison pour faire partie de leur famille. C’est ainsi que l’histoire a commencé…

Aujourd’hui, six ans et sept chirurgies plus tard, le petit Richard a des bras fonctionnels. Il est né sourd mais apprend à entendre et commence à faire des sons. Il est aussi heureux d’être avec un père et une mère aimants et attentionnés, mais aussi toute leur famille et entouré par l’église. Il bénéficie de leur amour, leurs prières et leurs soins. De plus, Richard a maintenant deux frères et une sœur – les doux résultats  d'une option (celle d'adopter) de ses parents. Ils sont tous pris en charge ou adoptés mais avec l'amour présent dans le foyer,  ils forment une famille aimante !

Les statistiques montrent que seulement 10% des tous les orphelins, sont capables de s’adapter à la vie et à survivre. La plupart des enfants laissés sans foyer mènent une vie délinquante, voire criminelle. Malgré qu’ils sortent diplômés de leurs orphelinats, beaucoup deviennent voleurs, toxicomanes ou prostituées et meurent avant d’avoir 40 ans. Parfois, ils choisissent de se suicider. Par manque d’attaches de qualité et durables dans leur enfance ils font face à des manques qui les attirent vers une incapacité à résoudre les défis. Ils leur est difficile de distinguer le mal du bien, ont de la difficulté à se concentrer, ont du mal à prendre soin d’eux car toutes leurs facultés se focalisent sur la survie. Cela en fait une proie facile pour les criminels ou les trafiquants de drogue. Peu importe dans quel pays ou quelle culture vit un orphelin, tous sont similaires sur ce point.

Le monde dans lequel nous vivons est un monde aux multiples facettes. Ainsi, les cultures bouddhiste et hindouiste découragent la population de s’occuper des orphelins, car ils croient que les orphelins supportent les conséquences d’un karma pollué et que l’âme de l’enfant a besoin d’être purifiée de cette pollution. On croit que l’on ne peut pas interférer avec l’espace karmique ou bien ce mauvais karma sera transféré à celui qui s’en mêle.

Pour les civilisations de l’ouest, c’est l’inverse. Cependant il n’est pas toujours facile de s’organiser pour devenir parent adoptif. Soit le prix de l’adoption est trop élevé, soit les lois disent que l’enfant doit demeurer dans les conditions d’origine d’où il a été pris pour son bon développement. Il y a beaucoup de mythes dans ces sociétés qui suggèrent que les orphelins souffriront de malédictions. On croit que le code génétique de l’orphelin sera comme leurs parents biologiques – des alcooliques, des drogués, ou juste des méchants. Bien sûr, cela effraie beaucoup !
Aussi étrange que cela puisse paraître, les personnes si souvent qualifiées de sensibles ne sont pas vraiment désireuses de s’occuper des enfants démunis, en particulier des enfants ayant des besoins spécifiques, y compris les orphelins ? Ce n’est pas entendre leurs voix : « Nous voulons désespérément que le monde fasse attention à nous ».
Ce sont les enfants qui ont été profondément traumatisés. Ils n’ont que peu de chance d’avenir… Nous sommes leur chance !
Nous sommes ceux qui peuvent changer la vie d’au moins un enfant, un enfant souffrant d’être mal-aimé et très probablement non désiré. Lui donner de l’amour.
Les orphelins vivent dans la peur. Ils ne savent pas comment gérer les choses les plus simples de la vie parce qu’ils n’ont jamais vu, ou vécu une vie de famille normale. Ils ne savent pas ce que c’est que d’être une dans une famille où tout le monde s’entraide, s’aime et prend soin l’un de l’autre. Un orphelin pense qu’il est mauvais, c’est pour ça que mes parents m’ont quittés, ce qui explique que personne ne veut que je quitte l’orphelinat et si quelqu’un veut m’emmener chez moi, je fais toujours tout foirer, je me sens rejeté.”
Les orphelins sont hantés par la peur du rejet, de la solitude et de la mort… Mais nous pouvons constituer pour ces derniers une famille. C’est exactement la raison pour laquelle nous pouvons ouvrir nos maisons et nos bras aux orphelins, les adopter dans nos familles et ne plus jamais les laisser seuls. Nous pouvons être la personne qui les aime. Les psychologues décrivent ce processus comme l’établissement de relations ou d’attaches significatives qui se traduisent par la création d’un pôle de gravité, c’est-à-dire une personne en qui un enfant démuni peut avoir confiance et se fier.
Pour les orphelins, nous pouvons devenir une personne si significative, un père ou une figure maternelle pour eux. Il y a plusieurs façons de le faire. J’ai déjà mentionné l’adoption et le placement familial. Cependant, je devrais mentionner d’autres options :

  • Nous pouvons devenir des mentors pour les orphelins. Bien sûr, nous devrons sacrifier un certain confort de notre vie personnelle en nous rendant disponibles pour les orphelins. Cette option est bonne pour les adolescents orphelins qui ne sont pas disposés à vivre dans une famille d’accueil pour diverses raisons ils veulent conserver leur indépendance.
  • Nous pouvons réunir un groupe de jeunes et organiser un plan de visites dans un orphelinat ou une maison d’accueil pour enfants avec des capacités limitées (en règle générale, il y a beaucoup d’orphelins parmi eux). On peut se faire des amis et jouer, faire du bricolage, regarder des films et parler avec eux, et tout en en partageant des valeurs.


Soyez  vigilant, s’occuper d’orphelins ne signifient pas effectuer une action à la mode, une auto-identification, rechercher sa place dans la vie ou la résolution du problème de sa solitude personnelle. C’est une réelle vocation d’être au service des plus démunis.

Il y en a tellement d’orphelins dans le monde. Si vous sentez que vous possédez des forces, de la passion, ou toutes ces capacités réunies pour rendre heureux au moins un enfant qui se retrouve sans parents et lui offrir votre amour et votre tendresse, s’il vous plaît, faites-le !

Si vous connaissez un groupe de gens qui partagent les mêmes idées pour faire une différence dans la vie des orphelins, le mieux c'est de faire partie de ce groupe et commencer à agir ! Si vous voulez rejoindre une forme organisée de ministère pour réaliser votre potentiel dans la vie des orphelins, le mieux c'est de trouver cet organisme et de joindre vos efforts aux leurs (devenir bénévole, membre du personnel…).
L’idée est de voler aux secours des  personnes en détresse, rejetées. C’est apporter une contribution positive à la lutte.






Pierre E. GEDEON
Psychologue.
©Juin 2019


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