La misère est une violence. Il faut la combattre.
La misère est une violence. Il faut la combattre.
Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l’homme sont violés. S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré. » Joseph Wresinski.
Padrina a trois enfants à l’école primaire et n’arrive pas à boucler les fins de mois. Assez souvent, la famille passe des jours sans rien manger. Le petit Marvens a porté les mêmes bottes que l’an dernier et elles lui serrent les pieds. Ça, c’est la pauvreté. Elle a fini par s’inscrire à un programme d’aide de la Caisse d’Assistance et Sociale (CAS) du Ministère des Affaires Sociales et du Travail et elle a dû présenter une preuve de son incapacité à nourrir sa famille, pour avoir accès à un kit alimentaire mensuellement et un frais. Une pièce de papier écrite qui établit noir sur blanc qu’elle est pauvre. Ça, c’est la misère.
Le concept « Pauvre » vient du latin « pauper », cela signifie à l’origine « qui est dans le besoin », « qui produit peu » (comme une terre peu productive).
Et « Misère » vient du latin « miseria », qui évoque le malheur, le souci, la peine. On y trouve plutôt l’idée de souffrance. La misère peut se définir comme le cumul de la pauvreté matérielle et de l’exclusion sociale. Il s’agit donc d’une pauvreté extrême qui s’accompagne d’un déni permanent de la dignité humaine, c'est-à-dire d’une absence de respect de la part des autres ou de soi-même.
Et « Misère » vient du latin « miseria », qui évoque le malheur, le souci, la peine. On y trouve plutôt l’idée de souffrance. La misère peut se définir comme le cumul de la pauvreté matérielle et de l’exclusion sociale. Il s’agit donc d’une pauvreté extrême qui s’accompagne d’un déni permanent de la dignité humaine, c'est-à-dire d’une absence de respect de la part des autres ou de soi-même.
La misère est une violation des droits humains fondamentaux, elle n’est pas fatale, et peut être combattue et vaincue comme l’ont été l’esclavage et l’apartheid.
La Journée Mondiale du Refus de la Misère est née de l’initiative du père Joseph Wresinski et de celle de plusieurs milliers de personnes de tous milieux qui se sont rassemblées sur le Parvis des Droits de l’Homme à Paris en 1987. Elle est célébrée chaque 17 octobre. Cette journée est officiellement reconnue par les Nations Unies depuis 1992.
Depuis 1987, chaque année, la Journée mondiale du refus de la misère est célébrée le 17 octobre.
Pourquoi une Journée mondiale du refus de la misère ?
Une telle journée est envisagée dans le but de :
Depuis 1987, chaque année, la Journée mondiale du refus de la misère est célébrée le 17 octobre.
Pourquoi une Journée mondiale du refus de la misère ?
Une telle journée est envisagée dans le but de :
- Pour faire entendre la voix des personnes en situation d'extrême pauvreté.
- Faire entendre ceux qui sont habituellement réduits à leurs difficultés, voire en sont jugés responsables.
- Pour mobiliser citoyens et responsables publics.
Le 09 juillet de l’année 1849 par devant l’Assemblée Nationale de la France Victor Hugo, à travers son discours, appuie la proposition d'Armand de Melun visant à constituer un comité destiné à « préparer les lois relatives à la prévoyance et à l'assistance publique ». Le thème était bien : « Détruire la misère ».
En cette journée mondiale du refus de la misère, le discours de Victor Hugo, tenu au 19ème siècle pourrait encore tenir sur de beaucoup de tribunes à travers le monde pour dénoncer encore une fois avec véhémence la situation de misère que vit bon nombre de citoyens. En voici le contenu :
Je ne suis pas, messieurs, de ceux qui croient qu'on peut supprimer la souffrance en ce monde ; la souffrance est une loi divine ; mais je suis de ceux qui pensent et qui affirment qu'on peut détruire la misère.
Remarquez-le bien, messieurs, je ne dis pas diminuer, amoindrir, limiter, circonscrire, je dis détruire. Les législateurs et les gouvernants doivent y songer sans cesse ; car, en pareille matière, tant que le possible n'est pas fait, le devoir n'est pas rempli.
La misère, messieurs, j'aborde ici le vif de la question, voulez-vous savoir jusqu'où elle est, la misère ? Voulez-vous savoir jusqu'où elle peut aller, jusqu'où elle va, je ne dis pas en Irlande, je ne dis pas au Moyen Âge, je dis en France, je dis à Paris, et au temps où nous vivons ? Voulez-vous des faits ?
Il y a dans Paris, dans ces faubourgs de Paris que le vent de l'émeute soulevait naguère si aisément, il y a des rues, des maisons, des cloaques, où des familles, des familles entières, vivent pêle-mêle, hommes, femmes, jeunes filles, enfants, n'ayant pour lits, n'ayant pour couvertures, j'ai presque dit pour vêtement, que des monceaux infects de chiffons en fermentation, ramassés dans la fange du coin des bornes, espèce de fumier des villes, où des créatures s'enfouissent toutes vivantes pour échapper au froid de l'hiver.
Voilà un fait. En voulez-vous d'autres ? Ces jours-ci, un homme, mon Dieu, un malheureux homme de lettres, car la misère n'épargne pas plus les professions libérales que les professions manuelles, un malheureux homme est mort de faim, mort de faim à la lettre, et l'on a constaté, après sa mort, qu'il n'avait pas mangé depuis six jours.
Voulez-vous quelque chose de plus douloureux encore ? Le mois passé, pendant la recrudescence du choléra, on a trouvé une mère et ses quatre enfants qui cherchaient leur nourriture dans les débris immondes et pestilentiels des charniers de Montfaucon !
Eh bien, messieurs, je dis que ce sont là des choses qui ne doivent pas être ; je dis que la société doit dépenser toute sa force, toute sa sollicitude, toute son intelligence, toute sa volonté, pour que de telles choses ne soient pas ! Je dis que de tels faits, dans un pays civilisé, engagent la conscience de la société tout entière ; que je m'en sens, moi qui parle, complice et solidaire, et que de tels faits ne sont pas seulement des torts envers l'homme, que ce sont des crimes envers Dieu !
Vous n'avez rien fait, j'insiste sur ce point, tant que l'ordre matériel raffermi n'a point pour base l'ordre moral consolidé !
Il est temps de combattre la misère.
Il est temps de réduire la misère.
Engageons-nous tous dans cette noble lutte.
Pierre E. GEDEON
© Octobre 2019

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